NUMERO 12 - à paraître en 2018

RILUNE – Revue des littératures européennes

Le n. 12 (novembre 2018) sera consacré à : Dormir, transcrire, créer : le rêve littéraire à travers les genres, les domaines et les époques
Sous la direction de Mirta Cimmino, Isabella Del Monte, Maria Teresa De Palma
Les propositions d’articles (composées d’un résumé de 500 mots maximum, accompagné d’une bibliographie indicative et d’une notice bio-bibliographique de 150 mots maximum) pourront être envoyées avant le 31 janvier 2018, en français, en italien, en anglais, en allemand ou en espagnol aux adresses suivantes : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser., Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser., Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser..
Les articles pourront être rédigés en français, en italien, en anglais, en allemand ou en espagnol et seront soumis à une double évaluation anonyme (double-blind peer review).

Dormir, transcrire, créer : le rêve littéraire à travers les genres, les domaines et les époques

De l’Antiquité classique à l’âge contemporain, le rêve ne cesse de fasciner les narrateurs, les poètes et les dramaturges : il n’y a pas, en fin de compte, une époque de l’histoire littéraire qui passe sous silence le motif onirique. D’autre part, cette prégnance dans l’ordre de la diachronie se complexifie et s’enrichit même d’une variabilité extrême dans l’axe synchronique et dans le champ linguistique. Contenu ou structure portante du discours, le rêve littéraire joue tour à tour le rôle d’artifice narratif, récit-cadre ou simple exercice de style. Mot français aux origines obscures – en compétition, du moins jusqu’au XVIIIe siècle, avec le terme romanisant de songe –, le rêve conserve aussi d’un point de vue étymologique et lexical, son lot de mystère et d’enchantement : au final, toute une histoire peut se tisser, à travers les différentes langues d’Europe, autour des termes désignant les phénomènes de la nuit. Sogno, sonno, sommeil, songe, mais aussi hypnos, oneiros, Schlaf et Traum, sleep et dream : autant des mots qui témoignent de la grande puissance suggestive du rêve, de sa mobilité conceptuelle et de sa souplesse interprétative. Ainsi, le rêve littéraire s’avère, au premier abord, marqué par un polymorphisme qui encourage l’invention et l’évolution des formes et, surtout, par une présence presque ubiquitaire et systématique dans tous les produits du génie littéraire. Il n’est alors guère étonnant qu’il ait encouragé nombre de critiques à s’interroger sur son rôle et son sens en termes de création et de travail scripturaire. Ainsi, de Béguin (1937) à Caillois (1956), le rêve a souvent été étudié par rapport aux grands courants ou aux grands protagonistes du Baroque, du Romantisme ou du Surréalisme. Aujourd’hui devenu objet d’étude, le rêve littéraire suscite des débats théoriques intenses, touchant aux domaines disciplinaires les plus divers – de l’approche textualiste de Gollut (1993) aux travaux pluridisciplinaires – mêlant théorie littéraire, psychanalyse, cognitivisme (Schreier Rupprecht, 1993 ; Déchanet-Platz, 2008 ; Bravi, 2011 ; Collani, 2016) –, en passant par les contributions « panoramiques » des grands groupes d’études internationaux (Branca-Ossola-Resnik, 1984 ; Ceserani, 1998-2002 ; Schmidt-Hannisa — Guthmüller, 2010).
C’est aussi à partir de ces différentes lectures et interprétations que nous nous proposons de relire le rêve littéraire avec un œil de comparatiste, cherchant à mettre particulièrement en lumière les zones d’échanges et de flux entre différents genres, temps et domaines. L’objectif du numéro 12 de la revue RILUNE est d’étudier le rêve dans les littératures européennes : en mettant l’accent sur la polyvalence inhérente au thème choisi, le projet entend mobiliser des chercheurs qui s’intéressent notamment à l’aspect transnational, transgénérique et transdisciplinaire de l’onirisme littéraire.
Seront particulièrement appréciées les contributions :
– consacrées à des œuvres, des genres ou des auteurs souvent délaissés par les ouvrages de synthèse ;
– faisant dialoguer différentes aires linguistiques et culturelles de l’Europe et/ou différents domaines disciplinaires (théorie littéraire, psychologie-psychanalyse, cognitive poetics, sémiologie…) ;
– adoptant une perspective transmédiale ou transgénérique dans l’étude du motif onirique.
Plusieurs questions de recherche sont envisageables, dont nous en proposons quelques-unes :
1. La réinvention d’un topos : comment le rêve se modifie-t-il au cours de l’histoire et selon le contexte culturel ? Comment se perpétuent ces lieux communs, figures ou formes, (confusion ou inversion réel/irréel, songe-catabase, rêve métadiscursif ou rêve-récit-cadre) qui ont fait la renommée d’un thème littéraire ?
2. Articulation et désarticulation selon les genres et les médias : Peut-on reconnaître au sein d’un même genre littéraire une modulation particulière du motif onirique et du récit de rêve ? Comment (et pourquoi) la représentation et la narration onirique changent-elles dans la transposition intermédiale d’une œuvre ?
3. Réception littéraire des théories sur le rêve : De quelle façon les différentes théories scientifiques touchant au phénomène « rêve » (du cognitivisme à la psychanalyse, de l’anthropologie aux neurosciences, etc.) se reflètent-elles dans les ouvrages de fiction ?
Toute proposition allant au-delà de ces pistes, mais conforme à la thématique proposée, sera également la bienvenue.
Ce numéro vise à alimenter ultérieurement le débat, encore vif et vivace, autour de l’onirisme littéraire, par une approche comparatiste et interdisciplinaire.
En outre, tout compte rendu de publications récentes inhérentes au sujet de ce numéro sera le bienvenu.

Bibliographie
Albert Béguin, L’âme romantique et le rêve : essai sur le romantisme allemand et la poésie française, Marseille, Éditions des Cahiers du Sud, 1937 et Paris, José Corti, 1939.
Roger Caillois, L’incertitude qui vient des rêves, Paris, Gallimard, 1956.
Vittore Branca, Carlo Ossola, Salomon Resnik (éds.), I linguaggi del sogno, Firenze, Sansoni, 1984.
Jean-Daniel Gollut, Conter les rêves : la narration de l’expérience onirique dans les œuvres de la modernité, Paris, Corti, 1993.
Carol Schreier Rupprecht (éd.), The dream and the Text, New York, SUNY Press, 1993.
Anita Piemonti, Marina Polacco (éds.), Sogni di carta : dieci studi sul sogno raccontato in letteratura, Firenze, Le Monnier, 2001.
Gabriele Cingolani, Marco Riccini (éds.), Sogno e racconto : archetipi e funzioni : atti del Convegno di Macerata : 7-9 maggio 2002, Firenze, Le Monnier, 2003.
Vanessa Pietrantonio, Fabio Vittorini (éds.), Nel paese dei sogni, Firenze, Le Monnier, 2003.
Silvia Volterrani (éd.), La metamorfosi del sogno nei generi letterari, Firenze, Le Monnier, 2003.
Ferdinando Amigoni, Vanessa Pietrantonio (éds.), Crocevia dei sogni : dalla Nouvelle Revue de psychanalyse, Firenze, Le Monnier, 2004.
Fanny Déchanet-Platz, L’écrivain, le sommeil et les rêves : 1800-1945, Paris, Gallimard, 2008.
Francesca Bravi, La forma del sogno : la rappresentazione del sogno in romanzi tedeschi e francesi degli anni ’70, München, Martin Meidenbauer, 2011.
Tania Collani, Sogno e letteratura : poetiche dell’onirismo moderno nei testi e nei manifesti del primo Novecento, Milano, Franco Angeli, 2016.
Marie Guthmüller, Hans-Walter Schmidt-Hannisa (éds.), Das nächtliche Selbst. Traumwissen und Traumkunst im Jahrhundert der Psychologie (1850-1950), Göttingen, Wallstein, 2016.
Sitographie
Network of Cultural Dream Studies : http://www.culturaldreamstudies.eu/
Europäische Traumkulturen : http://www.traumkulturen.de/
Base de textes pour l’étude du rêve : http://www.reves.ca/

Calendrier
Envoi des propositions : avant le 30 septembre 2017
Notification de l’acceptation des propositions : avant le 15 octobre 2017
Envoi des articles : avant le 31 janvier 2018
Notification de l’acceptation des articles et éventuelles demandes de modifications : avant le 31 mars 2018
Envoi de la version finale des articles : avant le 30 juin 2018
Publication : novembre 2018

 

NUMERO 11 - à paraître en 2017

RILUNE – Revue des littératures européennes
Le n. 11 (Novembre 2017) sera consacré à:
Science et fiction
Sous la direction de Fulvia Balestrieri, Eleonora Marzi

Les propositions d’articles (composées d’un résumé de 500 mots maximum, accompagné d’une bibliographie indicative et d’une notice bio-bibliographique de 150 mots maximum) pourront être envoyées avant le 1 avril 2016, en français, en italien, en anglais, en allemand ou en espagnol aux adresses suivantes : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser., Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.
Les articles pourront être rédigés en français, en italien, en anglais, en allemand ou en espagnol et seront soumis à une double peer review anonyme.

Calendrier
Envoi des propositions : avant le 1 avril 2016
Notification de l’acceptation des propositions : avant le 15 mai 2016
Envoi des articles définitifs : avant le 4 décembre 2016
Notification de l’acceptation des articles et des d’éventuelles demandes de modifications : avant le 23 avril 2017
Envoi de la version finale des articles : avant le 23 juillet 2017
Publication : Novembre 2017

Argumentaire
Science et fiction : deux domaines distincts qui pourtant, selon les époques et les stratégies de recherche, se révèlent plus ou moins proches, comme le remarque entre autres Frédérique Aït-Touati (2011). Au fil des années, les frontières entre la science et la littérature ont été mises en cause, dépassées et traversées en plusieurs directions : si d’un côté les textes de fiction ont été écrits à la lumière de l’imagerie que la science a produite, de l’autre c’est la structure rhétorique de l’argumentation scientifique qui s’est transformée en objet d’étude. Cela témoigne d’un perpétuel et vif échange entre les deux domaines, caractérisé par une réciprocité productrice de sens.
C’est justement cet échange et ce dialogue qui seront le point de départ du numéro 11 de RILUNE qui se propose d’enquêter sur les relations entre la science et la fiction dans les littératures européennes. Notre intérêt qui ne veut pas se limiter à la seule science-fiction, s’adresse aux formes différentes de fiction du Moyen-âge à nos jours.
Etant donné que les genres littéraires traversent des changements profonds, la manière dont ils entrent en relation avec le savoir scientifique doit être analysée : comment le « roman », dans toutes ses formes, dialogue avec la science par le biais de la fiction ? Comment le cinéma, en s’appuyant sur la littérature, peut raconter la science et son histoire ? Peut-on soutenir qu’il existe un genre plus ou moins apte à représenter les affrontements entre divers paradigmes ?
En nous penchant sur les relations entre la science et la fiction, nous visons à inclure aussi toute réflexion s’inspirant aussi bien de la lecture rhétorique mise au point par Fernand Hallyn (2004), que de l’approche qui tient à la psychologie cognitive proposée par Arthur Miller (1986) ainsi que des études de Thomas Kuhn (1962) concernant les changements de paradigmes : est-ce que la figure rhétorique relève du processus du raisonnement scientifique ? Quelles sont les répercussions d’une découverte scientifique sur la construction d’un récit fictionnel ? Peut-on retrouver des résonances entre les discours des hommes de science et les productions littéraires contemporaines ?
Les questions posées se portent comme piste, nous serons bien évidemment ravis d’accepter d’autres propositions qui rentrent dans la thématique du numéro, à travers lequel nous visons à nous insérer dans le débat, encore vif et vivace, autour des entrelacements entre la science et la fiction par une approche comparatiste et interdisciplinaire. Le numéro trouvera sa conclusion dans une section dédiée aux comptes rendus des volumes récemment publiés autour des relations entre la science et la fiction, section qui enrichira notre recherche et permettra à nos lecteurs de se tenir au courant du débat contemporain sur le sujet.