Orientalisme contemporain : Spring, Heat, Rains. A South Indian Diary de David Shulman

DOI : 10.17457/RIL9_2015.LEB

Claudine Le Blanc (Université Paris 3)
Orientalisme contemporain : Spring, Heat, Rains. A South Indian Diary de David Shulman

Journal intime tenu par David Shulman, professeur à l’Université hébraïque de Jérusalem et grand spécialiste de l’Inde du Sud lors de sa mission en Andhra Pradesh en 2006, Spring, Heat, Rains. A South Indian Diary est un texte éminemment singulier qui bouleverse l’ordre traditionnel de l’étranger et du familier : journal de scholar tout empli de savoir sur l’autre, récit de voyage exotique qui est aussi bien récit du retour au bien connu et à soi, l’œuvre incarne une forme inédite de production orientaliste contemporaine. Le présent article s’efforce de montrer qu’elle renoue avec le premier orientalisme savant des colons britanniques, tout en ne cessant de rompre avec celui-ci, par l’invention d’une intimité qui conduit, non sans difficultés, de l’imagination de l’Inde à l’indianisation de l’imagination.
Mots-clés : Shulman, Orientalisme, Inde du Sud, littérature de voyage.

Spring, Heat, Rains. A South Indian Diary by David Shulman – professor at the Hebrew University of Jerusalem and an expert in South India during his mission in Andhra Pradesh in 2006 – is an eminently singular text that disrupts the traditional order of foreign and familiar: it’s both the diary of a scholar, full of knowledge on the other, and an exotic travelogue which is also a return to the well-known and to the self: this is why it embodies a new form of contemporary orientalist production. This article attempts to show that this work reconnect with the ancient Orientalism of the British rulers, while not ceasing to break with it, by the invention of an intimacy that leads, not without difficulties, from the imagination of India to the indianisation of imagination.
Keywords : Shulman, Orientalism, South India, travel literature.

Origini della letteratura greca in volgare ai confini orientali dell’impero bizantino: alcune riflessioni

DOI : 10.17457/RIL9_2015.CAR

Caterina Carpinato (Università Ca’ Foscari Venezia)
Origini della letteratura greca in volgare ai confini orientali dell’impero bizantino: alcune riflessioni

L’article porte sur un aspect très peu connu de l’histoire littéraire en langue grecque, un fragment qui coïncide avec le développement d’une nouvelle réalité s’étant formée à l’intérieur du contexte historique byzantin sous la pression de l’avancée musulmane. Dans les aires marginales de l’Empire romain d’Orient, grâce à la mutation des circonstances historiques, politiques et religieuses, même la façon de s’exprimer et de sentir change : ici, on utilise activement un registre linguistique différent de ce grec atticisant qui était employé par les institutions de l’État et de l’Église. Dans cette langue qui n’est pas réglée par des normes grammaticales écrites, on chantait les exploits héroïques des défenseurs des confins contre les infidèles. Les manuscrits et les témoignages concrets remontent à une époque successive. Il n’est pas possible de définir avec certitude les spécificités linguistiques des compositions qui ont aussi connu une phase orale. Toutefois, les origines d’un tel phénomène culturel nouveau datent sans doute des IXe-Xe siècles et la langue ne respecte pas les canons de la grammaire ancienne. Les héros analysés sont Armuris et le fils d’Andronicus (avec la traduction italienne des chants akritiques desquels ils sont les protagonistes).
Mots-clés : Armuris, Byzance, littérature grecque en vulgaire, chants

The article analyses a barely known aspect of literary history in Greek language, a fragment that corresponds to the development of a new reality, which rose in the Byzantine historical context under pressure of the Muslim advance. In the marginal areas of the Eastern Roman Empire, thanks to the mutation of historical, political and religious circumstances, even the way of expression and feeling changes: here, a linguistic register which is different from the atticizing Greek that is employed by the institutions of the State and the Church is actively used. In this language that is not codified by written grammatical rules, the heroic accomplishments of the defenders of the borders against infidels were celebrated. Manuscripts and material records belong to a further period. It is not possible to define with certainty the linguistic peculiarities of the literary works that went through an oral phase too, but the origins of this cultural phenomenon date probably to 9th-10th centuries and the language does not respect the rules of ancient grammar. The heroes analysed are Armuris and Andronicus’ son (with the Italian translation of the Akritic songs where they are protagonists).
Keywords : Armuris, Byzantium, Vulgar Greek literature, Akritic songs

Percorsi tra Oriente e Occidente: fiabe e favole lungo le rotte dei commerci

DOI : 10.17457/RIL9_2015.SOR

Giulio Soravia (Università di Bologna)
Percorsi tra Oriente e Occidente: fiabe e favole lungo le rotte dei commerci

A l’âge préhistorique, les hommes provenant de l'Afrique ont peuplé tous les coins de la Terre en propageant leurs histoires à travers des migrations et des échanges continus. Ainsi, dans les temps historiques, les mythes et les fables égyptiennes ou indiennes ont atteint des peuples migrants qui ont continué à les propager. Des traducteurs ont apporté les contes du Pañcatantra en Perse et en Asie du Sud-est tout en donnant naissance à une tradition qui ne s’est pas arrêtée face à des langues comme l'arabe, le syriaque et l'hébreu qui allaient, à leur tour, offrir cet héritage aux Grecs et aux Latins. Des échos de ces récits sont entrés dans les oreilles africaines et les enfants esclaves du continent ont transféré cette richesse vers les Amériques. Et l'échange continue aujourd’hui à travers des films et des narrations renouvelés dans le monde entier.
Mots-clés : routes commerciales, fable, conte, Luqmān, Pañcatantra

Since their most remote prehistory men from Africa populated every corner of the Earth and spread their tales in continuous migrations and contacts. In historical times their tales from Egypt and India reached restless peoples who inherited myths and fables. Translators brought tales from the Pancatantra to Persia and South East Asia and thence other translators gave origin to a tradition which did not stop in front of languages like Arabic, Syriac and Hebrew offering this heirloom to the Greeks and the Latins. Echoes of these narrations entered African ears and enslaved children of the Continent trasferred this richness to the Americas. And the exchange continued in recent times giving birth to films and renewed narrations all over the world.
Keywords : trade routes, fable, tale, Luqman, Pancatantra