Turchi e Persiani fra visioni abnormi e normalizzazioni, a Venezia (secoli XV-XVIII)

DOI : 10.17457/RIL9_2015.BEL

Giampiero Bellingeri (Università Ca’ Foscari Venezia)
Turchi e Persiani fra visioni abnormi e normalizzazioni, a Venezia (secoli XV-XVIII)

Cette intervention porte sur la possibilité de parler de « Visions des Orients » au pluriel, dans le cadre d’une rencontre qui renvoyait à l’Orient au singulier. Car, on croit qu’auprès des institutions de Venise, on contemplait une série de pays, placés à l’Est et non pas encore dans cet Orient qui aurait donné lieu à plusieurs exotisations. Dans cette optique, il pourrait être utile de sortir de la polarisation usuelle « Venise et les Turcs » pour ouvrir l’opposition à un troisième pôle : celui de la Perse. Un tel triangle donnerait lieu à un enchevêtrement très productif : dans la vision vénitienne, ce seraient les Ottomans et les Safavides qui s’opposeraient, et l’enchevêtrement serait produit par la narration inventée dans la « Serenissima ». L’allié perse potentiel, représentant de l’Islam « bon », est opposé (dans les écritures de Venise et ensuite dans celles d’Italie et d’Europe) à l’Islam « méchant » des Ottomans, proche et menaçant. Au moyen de l’opposition que nous avons instituée, nous croyons entrevoir des visions intéressantes de ces « Orients » où les aspects du même système culturel islamique (persan et turc) se teintent des couleurs de la fiction produite à Venise entre le XVe et le XVIIIe siècle. Dans cette période, la République, qui est également menacée par les puissances catholiques d’Occident, se mobilise pour s’inventer les traits politico-culturels de ses antagonistes et de ses « alliés » : et cela, au moyen d’une réélaboration continuelle des motifs littéraires italiens, disponibles dans la « summa » épique-chevaleresque de Ludovico Ariosto.
Mots-clés : Orient, Turcs, Persans, Venise, Ariosto

This article deals with the possibility to talk about plural “Visions of the East” during a meeting on a singular “Vision of the East”. It is believed that among Venetian institutions some countries, placed at the East and not in this Orient that would give rise to many exotizations, were contemplated. In this perspective, it could be useful to exit from the usual polarisation “Venice and the Turks” in order to open the opposition to a third pole: the Persian one. This triangle would create a really productive bind: in the Venetian vision, it would be the Ottomans and the Safavid dynasty that would be opposed, and the bind would be produced by the narration invented in the “Serenissima”. The potential Persian ally, representative of a “good” Islam, is opposed (in the Venetian writings and then in the Italian and European ones) to the “bad” Islam of the Ottomans, so close and terrifying. By means of the opposition that we have dressed, we believe to see some interesting visions of these “Easts” in which the aspects of the same cultural Islamic system (Persian and Turk) take the colours of the fiction produced in Venice between the 15th and the 18th century. In this period, the Republic, who is threatened even by the catholic powers of the West, strive to invent the political and cultural traits of her rivals and “allies”: and this, by means of a constant rework of the Italian literary themes, available in the epic and chivalric “summa” made by Ludovico Ariosto.
Keywords : East, Turks, Persians, Venice, Ariosto